Le raisonnement clinique est un processus de pensée et de prise de décision porteur de sens pour les soins infirmiers.

Il est constitué d’un procédé logique analytique et non analytique.

 

Comment un raisonnement clinique se construit-il ?

Le raisonnement clinique est une opération logique qui permet de démontrer la réactivité ou la fausseté d’une supposition , et permet d’expliquer une situation.

Il répond à un processus intellectuel qui émet en premier lieu un questionnement. Pour y répondre, des opérations mentales confrontent inconsciemment les propres savoirs de l’infirmière aux situations rencontrées, permettant ainsi d’émettre un jugement clinique.

Le raisonnement clinique se réalise par le biais d’opérations mentales que l’infirmière mobilise en permanence débutant par un questionnement qui s’élabore à partir de données avancées et active d’autres opérations mentales comme l’induction, la déduction, l’intuition perceptive, la créativité et la pensée critique.

L’induction s’appuie sur les données recueillies sur le patient / la patiente,  compare les savoirs ou les représentations pour comprendre une situation ou apprendre une donnée nouvelle.

La déduction c’est une opération mentale qui, à partir d’une donnée, permet de déduire, une autre grâce aux connaissances théoriques et/ou pratiques

L’intuition ne s’appuie pas sur la raison. Elle est proche d’un sentiment, d’un ressenti complexe et difficile à justifier mais qui parfois peut intervenir au cours d’un raisonnement sans pouvoir l’expliquer rationnellement.

La créativité met en relation différentes observations, associations d’idées ou de contacts qui mènent à déterminer une nouvelle donnée, instaurer une action et s’adapter à une situation.

La pensée critique est une opération mentale rationnelle qui permet d’évaluer ses actions, ses propos et d’en déterminer les limites positives et négatives.

Ces opérations mentales sont complémentaires et permettent d’appréhender chaque situation et d’y remédier avec efficacité.

 

Quel type de relation existe-t-il entre le raisonnement clinique et l’entretien clinique ?

L’entretien clinique constitue la base élémentaire du raisonnement clinique. Cet examen permet à l’infirmière de détecter  les signes, les symptômes et les indices relatifs à l’état de santé du patient / de la patiente.

L’examen clinique s’appuie sur l’entretien clinique et l’examen physique.

L’entretien clinique utilise différents types de communication : fonctionnelle, thérapeutique et pédagogique.

L’examen physique s’appuie sur la qualité de l’observation qui s’avère être importante à ce stade là.

 

Quels sont les différents modèles du raisonnement clinique ?

Le processus du raisonnement clinique exige de la rigueur de la part de l’infirmière. Elle doit écouter et observer les patients/les patientes dont elle a la responsabilité pour distinguer et analyser les problèmes rencontrés. Elle doit également avoir de solides connaissances théoriques pour construire son raisonnement efficacement afin de pouvoir décider et agir de facon adaptée.

 

Le modèle inductif

Le raisonnement inductif consiste à trouver une nouvelle information en effectuant des liens entre ce que l’infirmière découvre ou ce qu’elle suppose et ce qu’elle connait.

Ce modèle exige une corrélation des connaissances et des observations autour d’un problème donné favorisant ainsi sa compréhension.

 

Le modèle déductif

Ce type de raisonnement permet de déduire une nouvelle information à partir d’un ensemble d’informations ou de connaissances acquises.

 

Le modèle hypothético-déductif 

Il s’appuie sur 5 étapes :

  • poser une hypothèse sur une situation ou un problème ;
  • rechercher l’ensemble des théories et concepts en lien avec le sujet d’étude ;
  • réaliser une investigation pratique du problème au moyen d’entretien et/ou d’observation ;
  • analyser les résultats bruts de l’enquête puis les confronter aux théories pour les comprendre et les interpréter ;
  • conclure afin de confirmer ou infirmer l’hypothèse de départ.

 

L’hypothèse

Elle énonce une proposition ou une explication dénuée de toute prise de position sur la réalité . L’objectif est d’étudier la proposition et de la confronter aux théories qui s’en approchent et aux faits réels qui peuvent l’illustrer.

 

Le raisonnement clinique par anticipation

L’infirmière doit anticiper le problème potentiel des patients-es dont elle a la responsabilité. Pour anticiper les risques, elle doit notamment établir une synthèse d’entrée rédigée et organisée qui comporte des informations claires au sujet du patient  : âge, motif d’entrée, contexte, hospitalisation, histoire de la maladie, antécedents, et activité professionnelle.

L’infirmière analysera ce recueil de données cliniques et psychosociales et en évoluera le risques potentiels auxquels le /la patiente peut être exposé(e) au cours de son hospitalisation.

 

Conclusion

Le raisonnement clinique permet d’aboutir à l’émission d’un jugement clinique.

Phaneuf  (2013) définit le jugement clinique comme étant ” une idée, une opinion claire que l’infirmière se fait à la suite d’un processus d’observation, de réflexion et de raisonnement sur les données observées ; il est, en somme, la conclusion qu’elle en tire “.

Le jugement clinique  se base sur les étapes de la démarche de soins fondée sur le diagnostic et la thérapeutique.

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SOURCE

Raisonnement et démarche clinique infirmière. Projet de soins infirmiers (2011) . Christiane Bourdier, Talin Ardic-Pulas, Laurence Pitard.

 

A CONSULTER

Le raisonnement clinique des infirmières, analyse de concept Etapes du raisonnement clinique (pratique clinique) La relation de soin