Quelle est la relation entre l’éducation thérapeutique et l’éducation à la santé ?

Avant de répondre à cette question, je vais commencer par mettre en lumière les concepts de prévention, d’éducation et de promotion de la santé.

 

Prévention, éducation et promotion de la santé

La prévention de la santé est l’ensemble des mesures qui ont pour but d’éviter ou de réduire la gravité des maladies et des accidents. Elle s’effectue à un niveau :

  • primaire qui vise à éviter l’apparition des problèmes ;
  • secondaire qui tente de détecter  précocement les maladies et les accidents ;
  • tertiaire dont le but est d’éviter les récidives.

L’éducation pour la santé est un moyen d’intervention qui aide les citoyen (ne)s à respecter et à appliquer les mesures de prévention qui permettent de promouvoir la santé et la qualité de vie au niveau de la collectivité.

La promotion de la santé invite à questionner toutes les initiatives publiques pouvant influencer la santé de la population y compris dans les secteurs qui ne sont pas liés à la santé comme le logement, l’éducation, la fiscalité ou l’agriculture.

 

Education thérapeutique : caractéristiques

L’éducation thérapeutique fait partie de l’éducation pour la santé, sa spécificité étant de s’adresser aux patient(e)s et à leur entourage.

Elle aide les personnes atteintes d’une pathologie (comme le diabète, l’épilepsie, l’asthme et le cancer) à comprendre leur maladie et les soins ; à gérer leur traitement, et à prévenir les complications et les rechutes.

Elle concerne également les personnes qui présentent certains facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, ou qui sont dans des situations telles que la préparation à l’accouchement.

 

Education thérapeutique  : influence des modèles de santé et des approches éducatives 

Les modèles de santé et les approches éducatives influencent les définitions, les programmes et les activités de l’éducation thérapeutique.

Le modèle biomédical de la santé et l’approche éducative behavioriste ou cognitive, comportementale influencent l’éducation thérapeutique qui va se centrer sur la maladie et l’organe en souffrance sans prendre en compte les facteurs sociaux, environnementaux et personnels.

L’activité éducative s’inscrit alors dans la maitrise des complications liées à l’inobservance du traitement par le/la patient(e) et essaie d’obtenir son adhésion, sa compliance aux prescriptions et aux recommandations médicales.

Sous l’influence du modèle biopsychosocial de la santé et de l’approche éducative behavioriste, cognitivo-comportementaliste ou socio-constructiviste, l’éducation thérapeutique s’intéresse à l’ensemble des facteurs organiques, psychosociaux et environnementaux .

Cette approche prend en compte la dimension temporelle du patient et l’interaction du soignant. Elle tente d’appréhender la personne diabétique dans sa globalité; mais se limite souvent à la maîtrise de la situation de santé et du contexte de soin, sans s’occuper réellement de la particularité du patient.

Elle privéligie le respect absolu de la norme scientifique au détriment des savoirs d’expérience des patient(e)s, et oeuvre pour un certain hygiénisme des comportements humains.

Le modèle faire ensemble permet à l’éducation thérapeutique d’oeuvrer pour l’existence et l’autonomie du sujet dans la recherche d’une meilleure qualité de vie.

L’activité éducative est conçue comme un accompagnement au projet de vie d’une personne ou d’un groupe dans l’exercice d’une fonction critique qui se traduit en partie dans le transfert de compétence du soignant au patient.

La compétence du patient concerne l’intelligibilité de soi, de sa maladie et de son traitement, les capacités d’autosurveillance, d’autosoin, d’adaptation et de réajustement de la thérapeutique à son mode de vie, d’intégration de nouveaux acquis de la technologie.

L’accompagnement de la personne diabétique privilégie le soutien par rapport au contrôle,  le partage par rapport à l’autorité,  la solidarité par rapport à l’exclusion, l’apprentissage mutuel par rapport à l’enseignement, l’auto-observance par rapport à l’observance, l’auto-normativité par rapport à la normativité.

L’autonomie et la responsabilisation de la personne diabétique se construisent tout au long de sa vie dans le cadre de la connaissance de soi, de ses limites et des éléments du savoir.

Quelle éducation thérapeutique pour les personnes ayant un  diabète de type 1 ou  2 ?

Le diabète constitue un problème de santé dont le poids humain et économique est croissant. La précocité du diagnostic et la qualité de la  prise en charge thérapeutique conditionnent le pronostic des personnes ayant cette pathologie.

L’objectif majeur du traitement du diabète de type ı ou 2 est non seulement la prévention des complications métaboliques aiguës, mais surtout la prévention des complications chroniques.

Les pratiques de l’éducation thérapeutique s’inscrivent le plus souvent dans une perspective cognitivo-comportementale ou psycho-émotionnelle.

La maladie et les traitements mettent en jeu un savoir, des croyances et des représentations qui peuvent aider ou faire obstacle à l’adoption de comportements rationnels. L’infirmière doit aider la personne diabétique à les exprimer et à les modifier si possible.

La personne diabétique doit avoir confiance en sa capacité à gérer la maladie et doit être convaincue que cela en vaut la peine.

 

En guise de conclusion

L’éducation thérapeutique a beaucoup évolué les 20 dernières années.

Le traitement du diabète se conjugue avec une éducation thérapeutique de qualité dont l’objectif majeur est d’améliorer la gestion de la maladie tout en évitant les complications, et en impliquant le/la patient(e) dans les pratiques quotidiennes et sociales.

 

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SOURCE

Education thérapeutique du patient L’éducation pour la santé : un enjeu de santé publique

 

A CONSULTER

Création d’outils d’éducation thérapeutique pour les patients diabétiques type 2 dans un centre hospitalier universitaire à Beyrouth Comment intervenir en situation difficile ?