Le suicide des infirmières en France étonne les décideur(e)s, mais n’étonne pas les infirmières qui sont en souffrance et pourqui ce travail est devenu un calvaire, synoyme de destruction et de violence.

Comment un milieu qui doit en principe soigner, accueillir, aider et construire, peut-il devenir un milieu qui détruit ses propres acteurs et actrices ?

7 points pour comprendre le très profond malaise des infirmières.

 

 Le suicide des infirmières et les méthodes de gestion

Les méthodes de gestion actuelle sont ubuesques. Par exemple, lors de la mise  en place d’un modèle,  les moyens et les actions qui doivent l’accompagner sont en contradiction avec le modèle lui-même.

Cela  rend le système très complexe et incohérent; seules les personnes capables de faire le grand écart arrivent à s’adapter ainsi que  toutes celles qui appliquent aveuglément tout et n’importe quoi.

Les personnes qui sont à cheval avec certaines valeurs ne se retrouvent plus; d’où la perte d’intérêt, de sens ainsi que le sentiment d’un profond malaise et d’un grand gâchis.

 

Le suicide des infirmières et la surcharge de travail

Les infirmières croulent sous une surcharge de travail qui n’a pas lieu d’être, car elle représente un très grand recul des soins.

Les infirmières sont devenues comme les mineurs à l’époque de Zola. Il faut un Zola pour dépeindre la réalité des institutions médicales qui s’écroulent sous leurs contradictions.

 

Le suicide des infirmières et le règne de la violence

La violence est omniprésente : elle est ascendante, descendante, verticale et horizontale.

C’est une violence insidieuse qui revêt de plus en plus des formes aiguës.

Elle est organisationnelle, psychologique, verbale et non verbale, comportementale et physique.

Sa gravité  est dans sa  légitimation et sa normalisation.

Les personnes les plus violentes sont placées sur un piédestal et règnent en maitres absolus.

 

Une atmosphère malveillante et malsaine

La bienveillance qui est  un des fondements de notre profession est devenue presque inexistante. Elle a été remplacée par la malveillance.

Les  soignantes, les plus malveillantes et malsaines sont gratifiées par le système qui leur offre des formations à gogo payées par l’état pour les remercier.

L’absence d’entraide, de solidarité,  le fait de se dénigrer, favorise le développement de ce type d’atmosphère asphyxiante.

Chaque personne essaie de détruire  l’autre; au lieu d’être dans une relation constructive et progressive porteuse d’épanouissement et de bien-être.

 

Le règne des gangs

Aujourd’hui, le terme de soignant est devenu galvaudé. Moi je parle plutôt d’acteurs /actrices oeuvrant dans le milieu médical et qui n’ont plus la notion de limites professionnelles. Tout est permis pour arriver à ses fins.  L’honnêteté et la conscience professionnelle ne revêtent plus aucun sens pour eux/pour elles.

Ils/Elles vont jusqu’à harceler les autres sur les réseaux sociaux et dans leur vie personnelle.

 

Le malaise des infirmières

Les infirmières sensibles, bienveillantes, empathiques, conscientes de leurs limites et qui cultivent l’art du prendre soin sont perçues comme peu efficace car elles prennent du temps. Elles représentent le maillon faible.

Ces infirmières n’arrivent plus à supporter toutes ces pressions, toutes ces violences. Elles se démotivent, et plongent progressivement dans le burn-out, bore-out et brown-out.

Chacune à sa manière cherche une voie de sortie. Un très grand nombre de soignantes abandonnent la profession, d’autres s’enferment dans la maladie et pour  la dernière catégorie, leur souffrance est telle qu’elles se suicident.

Il existe une omerta autour des coupables, le système protège les monstres qu’il a engendrés et a couvés pendant toutes ces années. La faute, comme les erreurs sont collectives, donc le coupable est à la fois tout le monde et personne.

Enfin de compte, la victime n’est-elle pas elle-même responsable de ce que lui est arrivée ? Elle n’est pas assez féroce pour survivre dans cette jungle.

 

Le cloisonnement

De nombreuses infirmières ont cherché différents modes d’expression ainsi que d’autres horizons. Elles se sentent étouffées, obligées d’être cantonnées dans un rôle d’exécutantes déshumanisées.

Deux exemples de cloisonnement :

  • le règne de la pensée unique, on applique aveuglément une seule théoricienne Virginia Henderson ;
  • l’unique voie d’évolution de carrière, pour les infirmières, est l’école des cadres.

 

Conclusion

Cet article est un billet d’humeur, un ressenti.  C’est important de prendre du recul et de la distance par rapport à son ressenti, afin de pouvoir effectuer par la suite une analyse la plus neutre possible.

 

 

A  Consulter

Suicides infirmiers Sophrologie et soins infirmiers