Qu’est-ce que la sophrologie ? Quel type de relation peut-elle avoir avec les soins infirmiers ?

En 1960, le professeur A. Caycedo fonde la sophrologie et la définit comme étant  ”  une école scientifique qui étudie la conscience, ses modifications et les moyens physiques, chimiques ou psychologiques pouvant la modifier, dans un but thérapeutique, prophylactique ou pédagogique en médecine “.

En 1992, la définition devient :” La sophrologie est la science de la conscience et des valeurs de l’existence “.

Elle est à la fois une science, une philosophie, une thérapie et un art.

 

Quels liens existent-ils entre la prise en charge en sophrologie et la démarche de soins infirmiers ?

Le cheminement d’une prise en charge sophrologique est assez proche de celui de la démarche en soins infirmiers.

Les deux disciplines ont en commun :

  • le recueil de données qui permet de définir les besoins et les attentes de la personne et de clarifier les buts et les objectifs ;
  • les objectifs qui doivent tenir compte des contraintes de la personne, de son environnement et de ses limites ;
  • l’évaluation des résultats au regard des objectifs déterminés.

 

Les éléments propres à la sophrologie :

  • en sophrologie, aucun soin ne peut être entrepris sans l’adhésion du patient et/ou de son entourage. En soins infirmiers, l’adhésion du patient n’est pas souvent prise en compte;
  • le patient partage son vécu de la séance.

Quand les objectifs sont déterminés et l’adhésion du patient est obtenue, l’infirmière sophrologue pourra commencer le travail sophrologique proprement dit.

SENSIBILISATION AUX TECHNIQUES DE SOPHROLOGIE – PARENTHESE DPC – FORMATION CONTINUE

 

Quelle place la sophrologie peut-elle occuper dans la prise en charge infirmière ?

En sophrologie, il existe plusieurs orientations ; deux d’entre elles recoupent les domaines d’exercice infirmier.

La sophrologie médicale ou sophrothérapie ne se substitue pas au traitement. Elle permet au patient de ” stimuler ses capacités d’adaptation et d’autoguérison tant sur le plan psychologique que physique “.

” La sophrologie pédagogique concerne tout ce qui est du domaine de l’apprentissage au sens large du terme et prend en compte l’individu dans sa globalité “.

En s’appuyant sur la sophrologie médicale, l’infirmière sophrologue peut, dans le cadre de son rôle propre, mettre en place des techniques de relaxation non médicamenteuses avant et pendant le soin afin de diminuer l’anxiété, assurer le confort et le bien-être du patient.

L’utilisation de la sophrologie permet d’obtenir la participation active du patient pendant le processus du soin et lui donne la possibilité de garder une emprise sur son corps, lorsqu’il est dans ” les mains des soignants ” afin d’éviter qu’il lui échappe totalement ou partiellement.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées par les infirmières sophrologues ?

La difficulté majeure que rencontre l’infirmière sophrologue, c’est ” sa double fonction “. En principe, il doit y avoir deux infirmières, une chargée de l’exécution du soin et l’autre chargée d’animer la séance de sophrologie.

Mais comme la réalité est souvent tout autre, l’infirmière sophrologue assure toute seule les deux modes du soin.

L’autre difficulté rencontrée par l’infirmière sophrologue, c’est l’absence de cadre législatif pour la sophrologie en France. Il faut qu’elle soit très honnête et rigoureuse afin de veiller à ne pas dépasser certaines limites.

 

Exemple pratique : comment utiliser la sophrologie dans le cadre de la  réalisation d’une coloscopie ?

La coloscopie est un examen vécu comme difficile, inconfortable, douloureux et anxiogène. Au lieu de le réaliser sous anesthésie générale ou sous une profonde sédation, il est possible de le réaliser en utilisant la sophrologie qui procure au patient une détente complète ainsi qu’une action antalgique.

Avant de réaliser la coloscopie, il faut rencontrer le patient afin :

  • d’obtenir son accord ;
  • de recueillir les données de base (antécédents, maladies…) ;
  • de savoir si le patient a des prérequis en matière de relaxation afin de faire appel aux ressources disponibles ;
  • de recueillir son ressenti de l’examen ;
  • de l’informer du déroulement de l’examen endoscopique ;
  • de lui présenter la sophrologie d’une façon succincte.

Le patient est ensuite installé dans la position de l’examen, c’est-à-dire couché sur le côté gauche. L’infirmière se positionne à côté de la tête du patient; l’induction peut alos commencer.

En premier temps, il est invité à fermer les yeux pour mieux se couper des stimuli visuels.

L’attention est portée sur la respiration (ressentir l’air qui entre et qui sort).

Vient ensuite la sophronisation avec un ressenti des différents points d’appui du corps sur la table d’examen.

L’observation du patient est primordiale afin d’évaluer son degré de relaxation. Quand la vigilance baisse, il faut laisser venir  sur son écran mental l’image d’une plage (ou autre).

La progression de l’examen se fait au rythme du patient dans un travail triangulaire patient-infirmière-médecin.

 

Conclusion

La pratique de la  sophrologie ne se limite pas aux examens médicaux douloureux ; elle peut être aussi pratiquée lors d’un accouchement, d’un traitement lourd et pénible, d’une intervention chirurgicale, d’un décès…

Au sein de l’entreprise, elle permet de réguler les conflits, de s’adapter aux situations nouvelles, de gérer le temps, le stress, le surmenage et le management.

(Article partenaire)

 

SOURCE

Sophrologie : applications thérapeutiques (2012), sous la direction de B. Etchelcou.

 

FORMATION CONTINUE

Parenthèse DPC

 

A CONSULTER

La sophrologie : mon cursus d’infirmière s’élargit L’infirmière et la gestion des conflits