L’aromathérapie est un traitement complémentaire comme le massage, les méthodes de relaxation, la musicothérapie …

Ces traitements sont des adjuvants pouvant pallier les effets secondaires des traitements conventionnels et ils participent à l’amélioration de la qualité de vie des patient(e)s. Ils sont utilisés en complément des traitements standards spécifiques.

Étymologiquement, l’aromathérapie est le traitement des maladies par les arômes (essences ou huiles essentielles de plantes aromatiques).

Ce terme a été inventé par René Maurice Gattefossé, pharmacien français. Il vient du latin « aroma » signifiant odeur et du grec « therapeia » signifiant traitement.

Il est important de souligner que les vertus médicinales d’une plante ne doivent pas être confondues avec celles de son huile essentielle. De plus, tous les végétaux ne produisent pas d’huile essentielle.

 

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Une huile essentielle est le produit obtenu à partir de la matière première végétale par les techniques traditionnelles de distillation ou d’expression à froid. C’est le parfum concrétisé de la plante, un véritable concentré.

Elle peut être extraite de différentes parties d’un végétal : des feuilles, des fleurs, de l’écorce, du bois, du zeste, des graines, des baies, des fruits, du bulbe…

Cette définition ne comprend pas les extraits aromatiques obtenus par d’autres techniques d’extraction.

L’essence est la substance aromatique sécrétée par la plante, qui par distillation devient une huile essentielle.

 

L’utilisation de l’aromathérapie dans des services de soins palliatifs : résultats d’une enquête

Audrey Faure, dans le cadre de la validation d’une thèse en pharmacie, a mené une enquête en 2012  sur l’utilisation de l’aromathérapie dans les services de soins palliatifs de la région Rhône Alpes.

Les résultats de l’enquête ont montré que l’aromathérapie en milieu hospitalier intéresse, questionne, mais reste peu développée.

En effet, seuls 35% des services de soins palliatifs contactés par la chercheuse utilisaient les huiles essentielles au quotidien. Cependant  42% des équipes soignantes des sites n’utilisant pas l’aromathérapie ont souhaité la mise en place de cette pratique dans leur service.

L’intérêt des patient(e)s pour l’utilisation des huiles essentielles est élevé. En effet, la majorité d’entre eux / d’entre elles souhaitent renouveler l’expérience qui leur a apporté bien-être et soulagement.

L’initiative d’utiliser les huiles essentielles émane la plupart du temps des infirmières. Il existe  un manque de collaboration entre les différent(e)s professionnel(le)s de santé à ce sujet.

Le médecin est souvent peu impliqué dans le suivi thérapeutique des soins aromatiques, faute de temps, de budget et de preuves scientifiques suffisantes.

Un manque de formation freine parfois les équipes, qui doivent suivre des enseignements en plus de leur charge de travail souvent très importante.

L’équipe n’ayant pas reçu de formation s’est intéressée directement à la pratique de l’aromathérapie via les livres spécialisés ou les sites internet.

Les principales pathologies rencontrées dans les services de soins palliatifs sont cancéreuses et neurologiques entraînant des douleurs souvent chroniques, d’où la forte demande de massages pour lutter contre celles-ci.

Cette étude s’appuyant sur l‘échelle d’évaluation de la douleur Algoplus a démontré que l’aromathérapie soulage réellement la douleur en diminuant les plaintes orales ainsi que les signes de souffrance au niveau du visage et du regard.

Cependant l’efficacité de l’aromathérapie pratiquée par le biais de massages reste difficile à évaluer. Le bénéfice  du soin peut être aussi bien lié aux huiles essentielles, au massage ou à la combinaison des deux.

“De plus, étant donné la composition complexe des huiles essentielles, il est difficile d’attribuer un bienfait à un composant chimique en particulier. Ce manque de données prouvées en médecine peut freiner certaines équipes médicales” (Faure A. 2013).

 

La pratique de l’aromathérapie : expériences menées par des infirmières en France, en Suisse et en Angleterre

L’expérience d’une infirmière française en équipe mobile de soins palliatifs

Une infirmière est à l’initiative d’un projet d’aromathérapie pratiqué au sein d’une équipe mobile de soins palliatifs.

L’utilisation des huiles essentielles s’est instaurée à la suite d’une formation au toucher-massage, que l’infirmière a jugé bon de compléter avec quelques gouttes d’huile essentielle.

Les huiles essentielles sont à visée relaxante, contre la douleur, et sont utilisées en massage. Elles sont mélangées à de l’huile d’amande douce avant emploi.

La zone massée n’est pas en rapport avec la localisation de la tumeur, car il est déconseillé de masser les zones tumorales.

L’infirmière qui est à l’écoute du patient/de la patiente masse uniquement les zones qui induisent de la relaxation ou atténuent la douleur.

Ces soins apportent un réel bien-être et diminuent les manifestations algiques.

 

L’expérience de 4 infirmières suisses

En Suisse, l’aromathérapie est beaucoup plus développée. Ainsi, quatre infirmières ont élaboré une prise en charge constituée de massage, réflexologie, aromathérapie et détente, auprès de patient(e)s souffrant d’une maladie oncologique.

Ces approches ont été choisies pour leur accessibilité, leur caractère peu invasif et leur capacité à atténuer potentiellement plusieurs malaises et symptômes. Dans ce cas, les huiles essentielles ont été utilisées pour leurs propriétés apaisantes, anti-inflammatoires et antispasmodiques.

Chacun des membres de l’équipe s’est formé à l’une des pratiques, avant de transmettre son savoir aux autres. Le projet alors nommé « bien être et détente » a été proposé aux patient(e)s des 14 lits du service des maladies infectieuses” (Faure A., 2013).

 

L’expérience des infirmières anglaises

Au Royaume-Uni, il est fréquent de trouver dans chaque hôpital une infirmière dédiée à l’introduction de thérapies alternatives dans les services, elle est qualifiée de « lead in support care » ou « lead in complementary care ».

 

Conclusion

Il serait intéressant de s’ouvrir à d’autres thérapies non conventionnelles comme la thérapie florale : les fleurs de Bach.

                                                                                                                                                         

 

Source

L’aromathérapie en Rhône Alpes : exemples d’utilisation thérapeutique des huiles essentielles en soins palliatifs (2013), thèse de doctorat en pharmacie, Faure Audrey.

 

A consulter

Hypnose et douleur