Il est nécessaire de ne pas réduire l’hypnose à une simple technique psychocorporelle.

C’est avant tout, une approche holistique de la personne, un rapport à l’autre, un moyen d’améliorer son savoir-être, une méthode de prévention non médicamenteuse qui s’ajoute aux outils thérapeutiques habituels.

” L’hypnose est  un état de fonctionnement psychologique sur lequel un sujet, en relation avec un(e) praticien(ne), fait l’expérience d’un champ de conscience élargi ” (Bioy, 2010).

L’infirmier(ère) peut utiliser cette approche sous réserve, d’une part, d’obtenir l’accord du patient/de la patiente et d’autre part, d’acquérir une formation adaptée et validée.

Actuellement, aucune législation ou réglementation n’encadre la formation ou la pratique de l’hypnose.

 

Les différentes formes de pratique de l’hypnose

L’hypnoanalgésie : utilisation de l’hypnose comme une méthode antalgique.

L’hypnosédation : utilisation de l’hypnose au bloc opératoire combinée à une sédation intraveineuse consciente et une anesthésie locale.

L’hypnothérapie : emploi de l’hypnose à visée thérapeutique.

L’infirmier(ère) peut se former à l’hypnose dite médicale pour proposer l’hypnoanalgésie et l’hypnosédation.

L’hypnothérapie est une formation réservée aux professionnel(le)s exerçants dans le champ de la psychologie et de la psychiatrie.

 

L’hypnose est-elle une pratique ancestrale ou une pratique innovante ?

C’est une pratique de la médecine ancestrale s’appuyant sur les états de conscience modifiée.

“Certains manuscrits retrouvés chez les Egyptiens, les Grecs et les Sumériens, ont mis à jour l’utilisation de procédés s’apparentant aux techniques hypnotiques modernes” (Barbier E., Rémy E., 2016).

Les techniques hypnotiques actuelles peuvent être perçues comme une évolution progressive des techniques de transe adaptées aux sociétés et aux cultures occidentales. Il existe certaines similitudes entre les transes rituelles de certaines tribus et certains aspects du processus hypnotique (focalisation de l’attention, ouverture du champ sensoriel, état dissociatif).

Au XVIIIème siècle, sous l’initiative de Mesmer F.A. (1734-1815), l’hypnose traditionnelle construit les bases de son fonctionnement.

Elle va réellement prendre son essor avec Erickson M., psychiatre américain (1901-1980) qui rénove le champ clinique de l’hypnose privilégiant une approche de communication plus centrée sur les ressources du patient/de la patiente.

Les années 1990 constituent  un tournant majeur dans la validation scientifique de l’état hypnotique et de ses mécanismes d’action grâce au développement de l’imagerie cérébrale.

L’imagerie médicale va démontrer que c’est un processus cérébral différent de la veille et du sommeil, caractérisé par un état de relaxation et d’hyperconcentration soutenue, c’est un état de conscience modifiée.

Les spécialistes en neurosciences s’intéressent particulièrement à l’impact de l’hypnose sur la douleur et démontrent que les suggestions hypnotiques peuvent la diminuer, l’augmenter ou la soulager.

Parallèlement à ces avancées scientifiques, la prise en charge de la douleur est devenue un enjeu de santé publique. Par conséquent, grâce à ses vertus antalgiques, l’hypnose suscite un intérêt croissant dans le domaine des soins.

 

La douleur et l’hypnose

Les soignant(e)s sont confronté(e)s quotidiennement à la douleur des patient(e)s qu’elle soit aiguë ou chronique.

L’association for study of pain  définit la douleur  “comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle”.

La douleur aiguë se définit comme un symptôme utile dont la signification est souvent un signal d’alarme pour l’organisme qui décroit et/ou disparaît quand un traitement adapté est instauré. Elle comprend aussi les douleurs iatrogènes, plus quotidiennes, souvent sous-évaluées et donc sous-traitées.

L’utilisation de l’hypnoanalgésie en douleur aiguë a la particularité de viser à modifier et/ou réduire la perception du symptôme douloureux et/ou anxieux au moment où il se produit.

La douleur chronique n’est pas une douleur aiguë qui persiste. Ce n’est pas un simple signal d’alarme d’un dysfonctionnement du corps, c’est une véritable “maladie en soi”.

 

Comment les infirmiers(ères) peuvent-elles prendre en charge la douleur par l’hypnose ?

Pour la prise en charge de la douleur aiguë, l’infirmière pratique l’induction hypnotique en se focalisant sur le vécu du patient/de la patiente. Elle émet des suggestions directes, claires et positives créant ainsi un cadre sécurisant. Son but étant d’aller à la rencontre du patient/ de la patiente dans ce qu’il/qu’elle vit et de l’amener vers des sensations différentes, plus acceptables et plus confortables (Barbier E., Rémi E.,2016).

En ce qui concerne la prise en charge de la douleur chronique, l’infirmière  hypnopraticienne accompagne le patient/la patiente pendant 7 à 10 séances, au cours desquelles elle l’aide à développer et à utiliser au mieux ses capacités en hypnose, en fonction d’objectifs fixés en commun.

Pendant ces séances, le patient/la patiente éprouve dans son corps des sensations de détente, de modification, de soulagement, voire de suppression de la douleur à travers “les jeux d’imagination” qui lui sont proposés (Barbier E., Rémi E., 2016).

 

Conclusion

L’hypnose est proposée en complément du traitement médicamenteux, c’est une autre manière d’appréhender la douleur.

D’autres approches non médicamenteuses permettent de soulager la douleur telle que la sophrologie.

                                                                                                                                                        

 

SOURCE

Aide-mémoire : Hypnose en soins infirmiers (2016); Barbier E., Rémi E.

 

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