L’humanisme et l’humanitude sont deux concepts complémentaires en soins infirmiers.

 

Qu’est-ce que l’humanisme ?

Le terme « humanisme » vient du mot latin « humanitas » selon lequel l’Homme se distingue par sa culture et une certaine bienveillance s’opposant ainsi à la force brutale et à la barbarie (Phaneuf M., 2016).

En soins infirmiers, l’humanisme consiste à accueillir la personne soignée  avec respect et affabilité. La personne soignée est considérée comme  étant experte de sa vie, libre et responsable, capable de prendre les décisions qui la concerne. Elle est acceptée sans condition avec sa manière d’être, son appartenance et ses différentes valeurs, comme un être humain inséré dans une famille, une classe sociale, une culture et une religion.

Le milieu des soins est à l’écoute de ses problèmes de santé physique et mentale, de sa douleur, de ses inquiétudes, de son vécu, de sa résistance au traitement, de sa dépendance.

Le client reçoit l’enseignement nécessaire à un mieux-être. La personne est au cœur de tous les soins planifiés.

Les soins sont pensés et organisés sans discrimination : les soins physiques sont pensés avec célérité et précision, le personnel manifeste son empathie pour les difficultés du client. Il développe une relation de confiance, exerce un accompagnement thérapeutique attentionné (Phaneuf M., 2016).

 

Quelle relation existe-t-il entre humanisme et humanitude ?

L’humanisme et l’humanitude sont deux concepts intimement liés, souligne Phaneuf (2007 ). Le premier est un concept philosophique qui montre l’importance de la place de l’homme dans le monde, alors que le second est un concept de nature plutôt anthropologique, qui permet de se pencher sur les racines de la condition humaine.

Le concept d’humanitude selon Jacquard, « fait appel à la conscience d’être et recouvre l’ensemble des cadeaux d’humanité que les hommes se sont faits au cours des âges et qu’ils continuent à se faire par l’évolution, nous s’offrant ainsi les uns les autres un enrichissement sans limites».

Jacquard précise que c’est ” l’ensemble des caractéristiques humaines dont, nous sommes si fiers, c’est-à-dire marcher sur deux jambes ou parler, transformer le monde ou nous interroger sur notre avenir ” (Albert Jacquard, Cinq Milliards d’hommes dans un vaisseau, 1987).

L’humanitude c’est aussi un trésor de compréhension, d’émotions et surtout d’exigences éthiques.

Phaneuf souligne que le concept d’humanitude a été appliqué par la suite aux soins des personnes âgées par le Docteur Lucien Mias, a été repris et popularisé par Yves Gineste et Rosette Marescotti qui l’ont inscrit dans une pensée philosophique et une pratique de soins de qualité, mise en œuvre auprès des personnes âgées souffrant de problèmes cognitifs.

Pour ces auteurs, l’humanitude est « l’ensemble des particularités qui permet à l’homme de se reconnaître dans son espèce, l’humanité… et de reconnaître un autre homme comme faisant partie de l’humanité ». Pour eux, ces particularités sont : la verticalité, le regard échangé, l’intelligence, la capacité de toucher l’autre,  le sourire et le rire, le regroupement familial, le repas, la socialisation, etc.

 

Phaneuf trouve qu’il serait intéressant d’appliquer ce concept aux soins généraux, “car il pourrait inspirer nos contacts avec les malades, quels que soient leur âge ou leurs problèmes et redonner leur noblesse à des soins quotidiens qui nous paraissent souvent plutôt banals et monotones.”

 

SOURCE

L’humanisme un concept phare : mieux le comprendre pour en tirer partie (2016), Phaneuf M. Le concept d’humanitude : une application aux soins infirmiers généraux, 2007, Phaneuf M.

 

A CONSULTER

Le concept de spiritualité