Viens, je t’emmène à la rencontre des guérisseurs ! C’est l’invitation que nous a faite Rhéa, infirmière blogueuse, qui séjourne actuellement en Asie.
Dans son carnet de voyage, Rhéa raconte sa rencontre avec des guérisseurs venant des 4 coins de l’Asie : du Bali, de l’Indonésie, de la Malaisie.
Je retrace quelques extraits du récit de cette rencontre.

 

Ibu Tarti, une sage-femme traditionnelle

Ibu Tarti, « Ibu » signifiant « mère » et « Tarti » qui veut dire « médecin traditionnel » est une sage-femme traditionnelle prodiguant des conseils et des soins au fin fond de la jungle.
Elle conseille notamment des positions à adopter pour favoriser le repositionnement de la tête du bébé, aider à la préparation des affaires du bébé mais aussi de la maman, etc.
Toutes les futures mamans l’appellent dès que les premières contractions viennent puis, comme le veut la loi établie en 2014 par le ministère de la Santé indonésien à Java, les femmes partent à l’hôpital.

En effet, il est dorénavant préconisé que les femmes enceintes n’accouchent plus seules avec un médecin traditionnel.
Pour cette sage-femme  médecine (diplômée) qui accompagne les futures mères ou celles qui sont déjà mamans, ça ne pose aucun problème, et de toute façon, elle les accompagne et aide les infirmières et les mamans à faire le travail. Elle connaît bien tout l’équipement de base et s’est adaptée à ce que l’hôpital propose.
Dans sa famille, elle est la deuxième génération d’Ibu Tarti qui pratique. Les jeunes étudient plutôt la médecine moderne.

 

Guérisseuse Batak en Indonésie
Batak, c’est le nom donné à une ethnie d’Indonésie qui compte plus de 6 millions d’individus, la plupart vivant dans la province du Nord de Sumatra.

Nous avons rencontré le peuple Batak vivant sur l’île de Samosir, au milieu du Lac Toba. C’est en discutant avec les locaux du village de Tuk-Tuk que nous avons pu ainsi rencontrer une guérisseuse, ou Datu comme ils sont plus généralement appelés dans la tradition Batak.
C’est au milieu de sa vie (sans doute vers ses 40 ans) que cette guérisseuse a commencé à exercer son œuvre suite à un accident tragique, le suicide de sa belle-mère avec qui elle ne s’entendait pas du tout, que les Esprits ont réveillé en elle ses capacités de guérisseuse. Issue d’une lignée de guérisseur, elle est donc la digne héritière d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Lorsqu’elle réalise le diagnostic d’une personne, ce sont généralement les Esprits, notamment les esprits de ses grands-parents, qui lui insufflent la connaissance sur l’état et la problématique de la personne ainsi que les remèdes les plus appropriés.

Chose importante, c’est toujours par l’intermédiaire de la feuille de bétel que la guérisseuse semble décoder le message de Esprits. A chacun son média pour décrypter le langage des Esprits… Pour notre guérisseur Balinais, il s’agit d’un livre, chez notre guérisseuse Batak il s’agit de la feuille d’une liane

 

Guérisseur à Bali
Pour commencer, il est important de savoir que la grande majorité des Balinais sont profondément ancrés dans la tradition Hindoue. Dans cette tradition, le guérisseur occupe une place très importante car il appartient à la plus haute des 4 castes structurant la société hindoue, celle des brahmanes, chargés de professer le Brahman (l’équivalent de Dieu, chez les chrétiens, ou de Hallah chez les musulmans).
En fait, pour être plus précis, on peut distinguer trois différents types de guérisseurs chez les Balinais, chacun ayant sa propre spécialité.
L’un sera consulté comme conseiller face aux problématiques de la vie de tous les jours.
Un autre sera plus spécialisé sur la résolution des maladies en prescrivant notamment l’usage de plantes médicinales.
Enfin, un troisième type de guérisseur doué de capacités telles que la voyance, la médiumnité et la communication avec les esprits. Son but est d’orienter et de donner du sens à la vie présente de la personne à partir de ses vies passées (karma) et d’apporter des informations pour son futur.
Ces trois types de guérisseurs sont très respectés par les Balinais qui les consultent à chacune des grandes étapes de leur vie (naissance, mariage, etc.). Le destin a fait que nous avons rencontré ce troisième type de guérisseur…

 

Guérisseur Bomoh en Malaisie
Nous poursuivons notre aventure à la rencontre des médecines traditionnelles. Aujourd’hui, destination les Cameron Highlands en Malaisie.

Nous y avons passé quelques jours à la découverte des beaux paysages montagneux et verdoyants. Le dernier jour de notre séjour, nous avons eu la chance de rencontrer une des tribus indigènes appartenant à l’ethnie des Orang Asli. Et pour couronner la journée, nous avons pu rencontrer un guérisseur traditionnel Bomoh et assister à une cérémonie de « désenvoûtement ».
A la différence des précédents guérisseurs que nous avons rencontrés en Indonésie, à Bali ou au lac Toba, le guérisseur Bomoh nous apprend que son savoir ne lui a pas été transmis de génération en génération par ses parents, ni par l’intermédiaire d’un livre sacré ancien.
Depuis 40 ans qu’il pratique quotidiennement, il a vu passer des milliers de personnes qui viennent le consulter pour divers problèmes. Son cheval de bataille à lui, c’est de régler les problèmes d’ordre spirituel qui mettent en jeu des esprits malveillants ou de la magie noire employée pour nuire aux personnes.

Le savoir des guérisseurs doit être transmis et enseigné aux infirmières d’une manière académique, dans un cursus de pratiques avancées, comme c’est déjà le cas dans certains pays.

 

SOURCE

Je t’emmène en voyage, site.

 

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