Soignant souffrant, soignant en souffrance !….

Le silence !…

On entend dire que de nombreuses infirmières ont besoin d’un soutien psychiatrique !…

Le silence !….

Le nombre d’abandons professionnels chez les infirmières est très élevé !….

Le silence !…

Le taux de suicide chez les infirmières est élevé !….

Le silence !….

L’accroissement du burn-out d’une manière inquiétante !….

Le silence !….

Le règne du harcèlement moral et psychologique !….

Le silence !….

La malveillance a remplacé la bienveillance !…

Le silence !….

La déshumanisation des soins et la perte du sens !…

Le silence !…

Peut-on encore parler de lieux de soin ou de lieux de violence ?….

Le silence !….

Peut-on encore soigner quand on souffre de tous ces maux ?…

Le silence !…

Certains s’expriment, sur le web, cachés derrière un avatar !….

Le silence !….

 

Silence pesant, Silence morbide !…

Silence de notre conscience !…

Quel silence !…

 

Enfin, quelqu’un a essayé de rompre ce silence !

C’est Rhéa !…

Elle a trouvé les mots justes pour raconter cette souffrance !…

Elle a raconté notre souffrance, à toutes et à tous ! …

Elle a trouvé les mots pour le dire et que dire !…

Écoutons Rhéa !…

 

Un espoir derrière la maltraitance

Tout cela ne vous dit rien ??? Notre cher burn-out qui sait très bien où nous habitons n’hésite pas à venir toquer régulièrement à notre porte. Qu’avons-nous à lui offrir à ce mal-être avant qu’il n’en arrive là ? Comment prévenir ?

Mettre de la lumière là où nous savons que l’ombre agit en nous. Autrement dit que nos failles ne soient pas des trous, des éponges, des critiques qui nous malmènent sans cesse. Il faut une prise de conscience réelle de ce que nous vivons chaque jour. Tant qu’elle ne sera pas là, nous n’irons pas plus loin dans nos actions puisque nous n’y croyons pas. Cela veut dire que nos actes font battre en retraite nos propres idées, nos propres espoirs. Nous sommes responsables en partie de ce qui nous arrive à nous-mêmes chaque jour que nous actons sans avoir conscience de l’impact réel que nous avons sur autrui.

 

Dans l’ombre de ma blouse blanche

L’ombre de la soignante qui me colle aux basques ou plutôt aux sabots. Ces sabots de plombs que jamais je ne quitte… Oui, j’ai eu et j’ai encore parfois tendance à « vivre » et à « être » mon travail. À manger travail, à boire travail, à dormir et à rêver travail, si seulement j’arrive à m’endormir. Dans mon cas, de manière insidieuse, j’ai commencé à repousser l’heure d’aller dormir parce que j’avais peur de mes cauchemars (revivre sa journée au taf, passé sur la table d’examen…), de mes ruminations… et plus j’ai repoussé, plus j’étais fatiguée, et moins j’étais présente à moi-même, à mes proches, à mon travail et aux patients. Mon travail et petit à petit ma vie sont devenus un cauchemar fait de tristesse épaisse et sourde.

 

Lonely “love boat”

Je me suis rendue compte à travers ce que j’ai encaissé, à quel point de solitude protectrice j’en suis arrivée. Je me suis isolée pour aller mieux. J’ai peut être même refusé d’être disponible pour certains marins du « love boat » parce que je n’avais juste pas envie d’être là. La solitude ma muraille, ma barrière, mon envie de tranquillité pour ne plus entendre ce que je ne veux pas entendre, vivre dans les accords toltèques : surveiller ma parole, partir pour ne pas entendre médire, ne pas faire de suppositions, faire de mon mieux, et rester à l’écoute quand même, jusqu’à finalement m’enfuir. Triste façon de mettre en oeuvre mes appris. Mais ai-je vraiment le choix là où je suis ?

 

Soignant souffrant se noie

Il est 8h du matin, Paris tout autant que Bruxelles se sont éveillées il y a quelques heures. Tout le monde a pris son café serré, son thé pour les anti-caféine ou ses Chocapics pour ceux qui ont des enfants qui ne finissent pas leur bol et disent la bouche pleine de chocolat : « z’en veux pus ». Tout le monde a fait sa cure d’embouteillage haute dose, ou sa dose de « biiiiiip » du métro.

À 8h : c’est l’heure, l’heure du début du débat. Mais où est le médecin ? Mais où est-ce matériel ? Où est le téléphone ? Tout le monde s’ébranle, s’ébat ou baille, bataille au mieux pendant quelques longues minutes. Eh oui, nous rentrons du week-end après tout… La tête encore dans la couette et le corps sur le lieu du travail : sans doute une schizophrénie ignorée. À l’ouest, une question vient et m’agite. Elle bouge dans ma tête, je l’ai sur le bout de la langue : qu’est-ce que je fais là ? Je ne sais pas, mais ai-je quelque chose de mieux à faire que d’être là ? Je ne sais pas non plus.

 

Le bateau coule: SOS d’un soignant en détresse

On coule à pic les gars !
Le bateau coulait depuis quelques mois.
Là j’avoue que ce n’est plus un simple navire qui coule, mais bien un démembrement de ce qui le constitue, planche après planche. L’ambiance n’était pas top, mais l’ambiance du vide me promet bien des surprises. En fait, je suis triste. Je me sens désespérée. Je ne pourrais pas sauver le bateau, mais je me demande comment me sauver moi. La solitude avait été très grande quand mon collègue, mon frère de cœur était parti. Les 3/4 d’une équipe partent, je ne sais pas comment je dois me sentir en sachant que les pires, les flémards, les dénonciateurs, les inintéressés par leur travail, les mercenaires, les pervers, restent. Inquiète sans doute… Échouée…

 

 

Rhéa a fait ce témoignage en 2013 !…

Malheureusement, cette triste réalité est toujours d’actualité !…

Et même pire, la situation s’est aggravée !…

 

Le rideau se ferme !…

Sur une triste réalité !…

 

Silence pesant, silence morbide !…

Silence de notre conscience !…

Quel silence !…

 

 

SOURCE

La voix du soignant  

 

À LIRE

La souffrance des soignants, un mal invisible !…

L’humain en devenir