Martha Rogers est une des plus éminentes chercheuses en sciences infirmières. Elle a toujours été une ardente défenseuse des soins infirmiers comme une science fondamentale d’où émergerait l’art de la pratique.  

Pour Martha Rogers l’axe central en soins infirmiers est le processus homme-environnement et non pas la santé et la maladie.

Cette visionnaire a introduit une nouvelle vision du monde aux soins infirmiers, mais qui est-elle ?

 

 

Martha Rogers

Martha Rogers est née  au Texas en 1914.

Elle a obtenu une licence en soins infirmiers orientation santé publique et a travaillé pendant 13 ans en milieu rural.

En 1945, elle  poursuit un master en sciences infirmières à l’université de Colombia et fut l’élève d’Hildegard Pelpau.

En 1951, elle poursuit un master en santé publique et un doctorat à Baltimore dans le Maryland.

En 1954  Rogers a été nommée à la tête de la division des sciences infirmières à l’université de New York. Elle pointe du doigt la nécessité d’une licence en soins infirmiers qui servirait de base à des études supérieures et au doctorat en sciences infirmières.

Selon Martha Rogers un tel programme doit avoir un contenu théorique en soins infirmiers, en art, en biologie, en physique et en sciences sociales. Sous sa direction, l’université de New York met en place ce programme.

Entre 1961 et 1970, elle publie trois livres qui résument sa vision des soins:

– Educational Revolution in Nursing.

– Reveille in Nursing.

– An introduction to the theoritical basis of Nursing.

De 1963 à 1965, elle édite le journal Nursing Science.

En 1974, Rogers et certaines de ses collègues créent la société pour l’avancement en soins infirmiers.

Elle est décédée en 1994 laissant  un riche héritage à la communauté des infirmières par le biais de ses écrits.

 

Martha Rogers, sa vision du monde

Martha Rogers identifie la nécessité de formuler une nouvelle vision du monde en soins infirmiers qui émerge des différentes disciplines qui constituent le socle des sciences infirmières avec une vision pandimensionelle des gens et de leur monde.

Pour Rogers  la vision unique des soins infirmiers est une vision  irréductible de l’humain et de  son environnement.

Elle a  souligné que nous vivons déjà dans une nouvelle réalité, celle qui est une synthèse des moyens qui évoluent rapidement, l’utilisation des connaissances est accélérée, même si les gens ne sont  pas toujours pleinement conscients que des changements ont eu lieu ou sont en cours.

Elle a demandé aux infirmières d’être des visionnaires impatientes et de ne pas être en arrière “coincées” dans le présent, dans les détails de comment les choses sont maintenant, mais d’imaginer comment elles pourraient être dans un univers où le changement continu est la seule donnée.

Martha Rogers  a prévenu que même si les modalités traditionnelles de la pratique et les méthodes de recherche poursuivent un but, ils ne permettent pas une vision du monde récente . Elle a exhorté les infirmières à utiliser la base de connaissances rogériennes en sciences infirmières pour élaborer des modalités novatrices et des méthodes de recherche qui permettent de promouvoir le mieux-être de l’humanité.

 

Les postulats rogériens

Martha Rogers a identifié quatre postulats fondamentaux qui constituent les bases de la nouvelle réalité:

  • le champ d’énergie
  • l’ouverture
  • le pattern
  • la pandimensionalité (anciennement appelé les quatre-dimensionnalités et la multidimensionalité)

 

Le champ d’énergie et la pandimensionalité

Martha Rogers définit le champ d’énergie comme une unité fondamentale de la vie et de la non-vie, notant qu’il est dynamique, infini et sans interruption de déplacement. La transformation de l’énergie est la base de tout ce qui est à la fois dans la vie et la mort.

Elle a identifié deux domaines de l’énergie  préoccupants pour les infirmiers, qui sont distincts, mais pas séparés: le champ de l’humain et le domaine de l’environnement.

Le champ de l’humain peut être conceptualisé comme une personne, un groupe, une famille ou une communauté, ses parties n’ont aucune signification en science unitaire. Les domaines humains et environnementaux sont irréductibles, ils ne peuvent pas être décomposés en des parties constitutives ou  en sous-systèmes.

Par exemple, l’être humain unitaire n’est pas décrit comme une entité bio-psychosocioculturelle ou corps-âme-esprit. Rogers  a interprété ces désignations en tant que représentants des utilisations actuelles “holistiques”, c’est-à-dire la somme des parties pour arriver à l’ensemble, dans lequel une infirmière évaluerait les domaines, sous-systèmes ou composantes identifiées, puis synthétiserait les données accumulées afin d’aboutir à une image de la personne globale.

Au lieu de cela, elle a soutenu que chaque champ humain et environnemental est identifié par un motif, défini comme “la caractéristique d’un champ d’énergie perçue comme une vague unique”, ces caractéristiques sont spécifiques à l’ensemble, car les domaines humains et environnementaux font partie intégrante entre eux, ils ne peuvent pas être séparés. Ils sont toujours en processus mutuel.

Un concept comme celui de l’adaptation perd son sens dans cette science  unitaire des soins infirmiers. Les modifications se produisent simultanément pour l’homme et l’environnement. Les champs sont pandimensionnels, définis comme un domaine non linéaire sans attribut spatial ou temporel. La réalité Pandimensionelle  transcende les notions traditionnelles de l’espace et du temps, qui peuvent être perçues comme  limitantes.

 

Le postulat d’ouverture

Dans un univers ouvert, il n’y a pas de frontières autres que celles du perceptuel. Donc, l’homme et l’environnement ne sont pas séparés par des limites. L’énergie de chaque flux continue par le biais d’un autre flux dans une vague ininterrompue.

 

Le postulat de pattern

Rogers décrit les modèles comme changeant continuellement tout en conférant une identité à chaque processus du domaine unique de l’homme-environnement. Bien que le modèle soit une abstraction, pas quelque chose que l’on puisse observer directement, il se révèle à travers ses manifestations.

 

Les principes hémodynamiques de Martha Rogers

Rogers a choisi l’hémodynamique  pour exprimer la nature dynamique et changeante de la vie et du monde. Les trois  principes hémodynamiques sont: la résonnance, l’hélicie et l’entièreté.

La résonnance spécifie le flux continu non linéaire d’ondes de fréquence inférieure et supérieure. Le patterning dans le processus du domaine de l’homme-environnement.

L’hélicie décrit la nature créative et diversifiée du changement en cours de structuration du champ.

L’entièreté spécifie le contexte du changement du processus du domaine intégral de l’homme-environnement.

Ensemble, ces principes suggèrent que la mutuelle structuration du domaine humain et environnemental change continuellement, elle est  novatrice et imprévisible et coule dans les basses et hautes fréquences.

 

Conclusion

Cette théorie fait partie des grandes théories associées au paradigme unitaire-transformation.

 

A bientôt pour la 2ème partie.

 

 

SOURCE

  • “Nursing theories and Nursing practice” (2010), Marilyn E.Parker, Marlaine C.Smith

 

 

LIENS UTILES

 

 

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