Comment définir la compétence en soins infirmiers sans que ce concept ne devienne un fourre-tout ?

Selon Margot Phaneuf, la compétence se manifeste dans l’action et la complexité de ses perspectives. Le savoir, qui est à sa base, ne se limite pas à la simple possession des connaissances, mais en permet leur utilisation et leur application en milieu réel.

Pour mieux comprendre cette délimitation, l’auteure donne l’exemple suivant: posséder une raquette de tennis et des baskets ne signifie pas qu’on puisse exceller au tennis. Il faut en plus une bonne connaissance des règles du jeu, des capacités développées,  des habiletés particulières ainsi que des stratégies  mises en place sur le terrain.

 

La compétence professionnelle

La compétence infirmière s’avère être fort complexe, car c’est une combinaison de multiples dimensions  scientifiques, organisationnelles et techniques qui s’interpénètrent et s’alimentent l’un l’autre.

A ces compétences s’ajoutent les qualités personnelles de la soignante, celles qui en font une personne attentive, à l’écoute et empathique.  Pour pouvoir utiliser les capacités personnelles, il d’abord prendre conscience de les posséder.

Sur les bases des acquis personnels, l’infirmière peut ensuite construire une compétence de nature professionnelle, c’est-à-dire la formation d’un jugement orienté vers des situations de soins, la capacité de discrimination devant les situations à risque, l’ouverture aux valeurs de l’autre, le développement d’un sens éclairé de l’éthique, la capacité d’établir une relation de confiance avec la personne soignée et d’en faire, au besoin, une relation thérapeutique.

La compétence professionnelle est évolutive, elle se développe à travers cinq stades selon Patricia Benner qui sont:

  1. la novice: Ce stade correspond au niveau de l’étudiante qui est encore en apprentissage
  2. la débutante: qui a peu ou pas assez d’années d’expérience
  3. l’infirmière compétente: présente deux à trois ans d’expérience
  4. la soignante performante:  est capable de modifier le cours habituel de son action pour faire face à des situations imprévisibles
  5. l’experte: possède environ cinq ans d’expérience dans les milieux du soin. A ce stade, l’infirmière procède d’une manière moins analytique, plus synthétique et surtout plus intuitive.

La compétence n’est pas acquise pour toujours, il faut la développer. L’ouverture au changement et la formation continue sont les principales voies de salut.

 

La compétence clinique

Dans sa définition la plus large, le concept de compétence recouvre un savoir en actes, responsable, reconnu, organisé en fonction d’une finalité.

En ce qui concerne les soins infirmiers, il s’agit d’un ensemble intégré qui suppose la mobilisation des capacités cognitives et socio-affectives de la soignante, de savoirs théoriques, organisationnels et procéduraux, de même que des habilités techniques et relationnelles appliquées à des situations de soins, ce qui lui permet d’exercer sa fonction au niveau de l’excellence. Cette intégration amène l’infirmière à s’ouvrir à la compétence clinique.

 

Le construit social de la compétence

La compétence est aussi un savoir agir responsable et validé où le regard extérieur possède son importance, car il ne s’agit pas seulement d’un construit opératoire, mais aussi d’un construit social qui peut et qui doit être soumis à l’évaluation.

En effet, la profession d’infirmière implique une responsabilité devant la société, devant les utilisateurs/utilisatrices des soins, mais aussi devant les pairs. C’est pour cette raison qu’une telle organisation se doit de conserver une certaine vigilance pour assurer la compétence de ses membres.

La compétence infirmière ne demeure pas le fait des individus, mais s’inscrit dans un cadre reconnu, dans un ensemble de règles professionnelles à respecter et dont l’application est assujettie à un contrôle nécessaire; c’est l’aspect social de la compétence professionnelle.

 

Conclusion

La compétence n’est ni le savoir à lui seul, ni seulement l’action; c’est un savoir en actes, responsable et organisé en fonction d’une finalité.

 

 

SOURCE

  •  Communication, entretien, relation d’aide et validation,2002, Margot Phaneuf.

 

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